Dermographie du paysage
Les lieux qui ont donné naissance à ce recueil sont issus d’une collision fortuite entre mon regard à leur rencontre et les strates d’un imaginaire en cavale, chien fou dont la laisse a échappé aux mains du maître pour gambader de-ci, de-là, de lisières en orées reniflant odeurs et couleurs selon l’heure et les saisons. Alors je ne révélerai pas leur identité cartographique, d’autant que certains de ces endroits n’existent peut-être pas.
L’imaginaire est un tatoueur amateur. Son encre déborde, le dessin n’est pas toujours net et les contours du paysage en deviennent flous. J’en profite pour m’y insinuer et délivrer quelques bribes de ma géographie intime, y apposer mes empreintes digitales. Car il faut bien qu’il existe un point de rencontre entre deux lignes, l’une réelle et l‘autre imaginaire se croisant dans l’espace par hasard ou par nécessité.
